Land Rover Defender 90 Td5 (1999-2006)


Il y a des 4×4 que personne ne connaît, mais on ne peut pas dire que ce soit son cas :

le Land Rover traîne sa silhouette inimitable depuis plus de 50 ans un peu partout sur nos routes, mais aussi et surtout hors de nos routes. Bien sur, ce n’est plus le même qu’au début, mais il n’est pas vraiment différent, chaque mutation étant mûrement réfléchie et remâchée à Solihull avant mise en application. Si l’engin est toujours en aluminium, il a adopté la transmission intégrale en même temps qu’un empattement de 90 pouces en 1985, un moderne diesel à injection directe en 1990, date à laquelle il prit l’appellation Defender, un vaillant 5 cylindres en 2000, ainsi qu’un nouveau tableau de bord, des options improbables comme les vitres électriques, la clim ou l’antipatinage devenant alors disponibles !

En tout cas, de l’extérieur, le Td5 SE en jette ! La ligne est maintenant historique, mais il a des jantes du même métal que la carrosserie, une belle peinture métallisée vernie, bref, on n’ose presque plus imaginer que ça va dans la boue, ma bonne dame. A l’heure des fausses Beetle et des fausses Mini, on produit encore de vrais Land Rover neuf. Si, si, ils les font encore, et il y a encore pleins de gens qui en achètent. Bon c’est pas tout ça mais ça nous démange : vite, aux commandes !

On ouvre la petite porte et on se hisse à bord. Il n’a pas l’air, mais il est beaucoup plus haut que les autres 4×4, on le sent bien en essayant de monter. Mini-jupe s’abstenir. Une fois (mal) installé, on découvre les lieux. D’abord, arriver à s’installer confortablement. Là, on a les genoux qui tapent sur la console qui est sous le volant et qui héberge les commandes de… la clim. Donc, on recule le siège. Mais d’une part l’arrêt de charge l’empêche de vraiment reculer, d’autre part on se trouve alors de toute façon trop loin du volant. Donc on remet les genoux dans la clim (en fait, à l’usage, ça gène pas vraiment). Ensuite, on essaie de se mettre face au volant. Mais il est décalé à gauche, contre la porte, qui est vraiment très proche. On comprend vite pourquoi on conduit le coude à la portière, en Defender… Pour le reste, les commandes sont un peu dispersées, mais sur un véhicule de conception ancienne, ça n’étonne pas. Et vu les vitesses auxquelles évolue la bête, ce n’est pas grave, on a le temps de les retrouver, surtout qu’elles sont toutes à portée de main. A noter que le siège central est remplacé sur cette version par un grand vide-poche, mais qu’on n’a toujours pas de comte-tours. Par contre, la clef de contact se met à gauche, comme sur les Porsche.

Moteur.
Ca claque sévère. Le moteur, à injection directe, est froid, et l’insonorisation n’a pas du être le point le plus important du cahier des charges. Heureusement, c’est un 5 cylindres, c’est joli, ça chante. Donc on passe la première et on y va. Et dès les premiers tours de roue, c’est très plaisant. On est assis (droit) encore plus haut que dans les autres 4×4, et on découvre vite une qualité de l’engin : sa direction. Douce, précise mais surtout directe, ça donne envie d’attaquer, l’engin étant très maniable. Dommage qu’on ne soit pas à l’aise, plaqué contre la porte. De toute façon, le moteur n’aime pas vraiment l’exercice, et la boite n’est pas rapide. On se console en se rappelant finalement que ce n’est pas fait pour. Mais en ville, c’est vraiment plaisant à conduire.
Sur route,
ça se gâte. Le moteur est en fait presque aussi bruyant qu’à froid, et ça devient lassant. A noter qu’à chaque lever de pied, l’injection se coupant, le moteur devient silencieux, jusqu’à ce qu’on remette le pied sur l’accélérateur. Ca ne permet pas, du coup, de s’habituer au bruit. D’autre part, la suspension est vraiment sèche. Avec tout cela, on se met à cruiser tranquillement, tant mieux en cette période politique, on est à l’abri des radars.
En tout-terrain,
lieu magique en ce qui concerne le Defender. Et bien, il est à la hauteur de sa réputation. Il faut dire qu’il a tout pour lui : les angles caractéristiques, la caisse dégagée et la garde au sol lui permettent de ne pas se poser et de ne jamais toucher, ce qui aide déjà pas mal. Ensuite, le couple du Td5 associé à une excellente réduction permet de ne jamais être à court de gaz, mais aussi de passer partout en souplesse. On peut aussi évoquer les débattements de roue sans concurrence, garants d’une motricité optimale,  de toute façon surveillée par un antipatinage qui, s’il n’est pas très agréable à utiliser, est tout de même assez efficace. Bref, n’en jetez plus, le Defender a une longueur d’avance sur la concurrence en tout-terrain. Enfin, tant qu’on ne casse pas une pièce de transmission, la seule faiblesse de l’engin.
Au final,
le Defender a un certain nombre de défauts (inconfort, prix, fiabilité variable, position de conduite) qu’il fait oublier grâce à bien d’autres qualités. C’est la caractéristique des véhicules de légende. L’essayer, c’est l’adopter !