Land Rover 109 Serie II « Forest Rover » (1961-1966)


Ce souci de pneu réglé, l’équipe à l’origine de cet engin à mi chemin entre le 4×4 et le tracteur en a rencontré un autre : la stabilité. Pour ne pas se retrouver avec un véhicule deux fois plus haut que large, il a été décidé d’élargir les voies. De toute façon, les pneus ne passaient absolument pas dans les ailes… Nous vous laissons juger de la découpe de ces ailes nouvelles : c’est simple et efficace ! Les ailes avant sont, en passant, assez larges pour servir de bar et accueillir l’apéro après une sortie TT.

Ces roues de l’au-delà génèrent un autre problème : un rayon de braquage absolument dément, malgré une voie avant plus large de 350mm qu’à l’arrière… surtout que, vous vous en doutiez, la direction n’est pas assistée et reste vraiment dure, même avec un minimum de vitesse. C’est simple, ce n’est pas la peine d’essayer de se garer à côté d’autres voitures, d’autant que la visibilité est nulle en raison des ailes, qui cachent au conducteur tout ce qui se trouve autour de ce… ce… de cette machine.
De toute façon, ce n’est pas la voiture que vous auriez prêté à Madame pour aller acheter le pain : parce qu’avant d’espérer partir, il faut réussir à grimper dans ce… ce… bref, dans l’habitacle. D’ailleurs, une paire de marchepieds a été soudée à la hâte sous la porte, faute de quoi il ne serait pas possible de monter là-dedans. Une fois qu’on y est, le tableau de bord est identique à celui des autres Land Rover Series. Mais ce n’est pas tout : le moteur est lui aussi identique… Et autant vous dire qu’avec les quelques chevaux tirés du fidèle 2.25, vous n’allez pas avoir des soucis de motricité au feu vert !
Faute de route assez large à proximité, nous avons principalement essayé sur piste celui que l’on appelle Forest Rover. L’occasion de constater que le long développement des roues a été compensé par des ponts plus larges d’origine Studebaker associés à des réducteurs permettant un rapport très démultiplié : 13:1 ! Malgré ces derniers, on découvre très vite l’incroyable inertie de ces énormes roues. Si les accélérations sont faibles, ce n’est rien en regard du freinage… désespérément absent ! Certes, l’engin n’atteint pas les 50 km/h en pointe.
Ce jouet pour adulte est rare. Très rare : le nombre d’exemplaires varie selon les sources mais ne dépasse pas 20 pour les plus optimistes. Aussi, il n’était pas question pour nous de pousser dans ses derniers retranchements le Land Rover 109 Roadless « Forest Rover » en franchissement extrême quoique les débattements ne doivent pas être spectaculaires… Mais nous ne nous faisons pas de souci pour lui à ce sujet. Pour la piste il y a bien entendu plus maniable et plus léger.

Un jouet. Un très très gros. Que tout le monde ne sera pas capable de conduire, et que nombre de passionnés vous envieront. Voilà une idée de cadeau qu’elle est bonne…

Mais il faudra pour cela en trouver un à vendre.