Land Rover Defender 110 SW (2007-2011)


Incroyable Defender

 

IL traverse sans sourciller les décennies depuis 1948, en arrivant encore toujours à nous faire rêver. L’histoire commence modestement dans l’immédiat après-guerre avec une « Jeep » à l’anglaise, spartiate et dépouillée.

e châssis long station-wagon qui nous occupe apparaît pour la première fois en 1956, avec une capacité de 10 sièges. Le décor est planté, avec cette silhouette inimitable encore de rigueur aujourd’hui. Première évolution (la plus sensible) en 1958 avec le Serie II, à la carrosserie plus soignée. Il faut dire que le Serie I paraissait avoir été bricolé au fond du garage avec des panneaux de récupération. Puis vint en 1971 le Serie III, reconnaissable à sa calandre en plastique moulé, venant remplacer la grille métallique. Fini d’improviser un barbecue avec la grille de calandre! Ressorts à lames et freins à tambour restent d’actualité, mais les premiers V8 se glissent sous les capots à partir de 1978.

L’ère moderne
Révolution en mars 1983, avec l’arrivée du 110 venant remplacer le 109, tandis qu’il faudra attendre quatorze mois encore pour que le 90 pousse le 88 Serie III vers la sortie. L’évolution se veut plus fondamentale avec des suspensions à ressorts hélicoïdaux dérivées du fameux Range Rover, accompagnées dans la foulée de freins à disques assistés (à l’avant, pour l’arrière, il faudra attendre encore un peu). La direction peut enfin bénéficier (en option) d’une assistance. Le pare-brise est en une pièce, le panneau de calandre avance pour s’aligner au niveau des phares et des extensions d’ailes souples compensent l’élargissement des voies. Petit souci en 1989 avec l’arrivée dans la gamme du Discovery. Le « Land » doit se trouver un nom, et sera baptisé « Defender » en 1990. Depuis vingt ans, le Defender a évolué par petites touches, principalement au niveau de la motorisation. Le 200 Tdi de 2,5L apparaît en 1990 et fait rentrer le Defender dans l’ère moderne avec une puissance enfin acceptable. Suivront en 1994 le 300 Tdi, suivi du TD5 en 1998, un bloc cinq cylindres de 2,5L et 122 ch, bardé  d’électronique, ce qui fit hurler (à tort!) les puristes.
De Ford à Tata
Land Rover ayant plusieurs fois changé de propriétaire, le Defender est mû depuis 2007 par un quatre cylindres 2,5L d’origine Ford, dernier propriétaire avant que la marque ne soit cédée au géant indien Tata, avec Jaguar. Ce bloc Ford n’est qu’une partie de la profonde (pour un Land s’entend!) évolution du Defender, puisque le 2,4L est maintenant accolé à une boîte six vitesses. Mais les changements les plus spectaculaires se situent à l’intérieur, avec un nouveau tableau de bord venant remplacer celui qui datait de 1983. Les puristes ont de nouveau matière à hurler, puisque ce tableau (plutôt laid, il faut l’admettre) sonne le glas des deux aérateurs à bascule situé sous le pare-brise. Shocking! Reconnaissons à ce tableau de bord le mérite de pouvoir intégrer l’air conditionné de manière moins envahissante.
La part du rêve
 
En prenant le volant de notre Defender 110 station wagon SE agrémenté de quelques options comme l’ABS, l’antipatinage, la climatisation et quelques autres babioles portant son prix à près de 43.330 €, on peut objectivement se poser des questions sur son succès, tant le Defender se mérite! Déjà pour y monter, tellement les sièges sont hauts perchés. Une fois hissé à bord, on découvre ce fameux tableau de bord si loin des canons actuels, un pare-brise rigoureusement plat et quasiment vertical, un pédalier décalé vers la gauche, mais aussi des sièges très confortables malgré un dessin vieux de vingt ans. Le bruit du moteur envahit tout l’habitacle, avec une vigueur dont on a doucement perdu l’habitude. Sur route, le Defender plafonne à 130, dans un bruit assourdissant. Avec lui, pas besoin d’investir dans un Coyote, vous dépasserez rarement le 110-120!
 
Nostalgie
Ceci dit, le « Def » dégage une telle dose d’authenticité et d’efficacité, qu’on s’y attache bien vite en rêvant de voyages et d’aventures que peu d’entre nous vivront. On se plaît à composer avec ses défauts (chauffage-climatisation), on se surprend à le découvrir somme toute assez efficace sur la route, avec une vivacité et une maniabilité qu’on ne lui soupçonnait pas. On se délecte de sa garde au sol et de la taille de ses roues lui permettant d’avaler n’importe quel terrain, même si l’on n’exploitera jamais ses impressionnantes et reconnues capacités en conditions extrêmes, on adorera sa ligne hors du temps depuis soixante ans, et on pleurera sa disparition inéluctable et prochaine pour cause d’inadaptation à des normes de plus en plus restrictives. Ce sera la fin d’une belle histoire, mais aussi d’un certain art de vivre et de se déplacer. La fin d’une époque…
Aménagements intérieurs
Autre évolution, liée aux réglementations de plus en plus strictes de l’administration, l’abandon des deux banquettes placées en vis à vis sur les passages de roues arrières au profit de deux sièges face à la route. Résultat, le Defender ne peut plus emporter que sept personnes pour neuf auparavant. Ne parlons même pas de certaines versions, spécifiques entre autres au marché anglais, où le constructeur arrivait à caser douze places, certes dans un confort très relatif… Les évolutions récentes n’enlèvent heureusement rien au charme complètement décalé de l’engin, qui semble traverser les époques et les modes avec un succès de plus en plus soutenu. Limité autrefois à un usage des plus rudes sous des latitudes lointaines, véhicule chéri des aventuriers et des voyageurs aux longs cours, le Defender s’est, ces quinze dernières  années, réellement approprié notre paysage quotidien.
Source : http://www.vroom.be